Rue Breteuil

Début d’après-midi, j’ai rendez-vous chez le dentiste. Comme j’ai quelques minutes d’avance, je patiente sur le trottoir devant une moto en stationnement. Dans mon dos, un jeune homme qui sort d’un chantier à voir le plâtre sur ses vêtements : après quelques dodelinements de tête, il s’endort malgré le trafic intense de la rue.

Canebière

Je remonte la Canebière derrière ce policier quand déboule du boulevard Garibaldi, d’un pas décidé, ce jeune homme, casque sur les oreilles. Le policier qui porte un masque (élastique derrière son oreille) le prie d’un geste de faire de même. L’a-t-il fait ? je suppose, car j’ai continué mon chemin sans me retourner.

Boulevard Longchamp

Bloc-notes
Le savez-vous ? La photographie est un iceberg. Ce que vous voyez d’un photographe est une infime partie de sa production, a dit un érudit dont j’ai oublié le nom.
En ce qui me concerne, ce n’est pas toujours vrai. J’ai peu de scrupules à montrer des images (trop ?) banales. Simplement parce que mon blog est plus un bloc-notes qu’une galerie photos. Un bloc-note sur lequel je partage mes pérégrinations marseillaises sans privilégier forcément la qualité technique (exposition soignée, netteté parfaite, cadrage impeccable etc).
Je n’irai pas jusqu’à dire que je suis indifférent à la critique, mais mon ressenti passe avant le fait de ne montrer que la substantifique moelle de ma production.

Ainsi cette image de la marche pour le climat du 9 mai 2021. Je la retiens parce que je la trouve drôle à deux titres : le slogan humoristique typiquement local et le visage très sérieux de la dame portant la pancarte.
Mais j’ai peut-être ai-je tort…
Qu’en dites-vous ?

Panier

Bloc-notes

MIdi, deux devant la vieille Charité, personne ou presque dans la rue. Autant je fais souvent des images à la va-vite, autant ce jour là je prends mon temps : je passe, je repasse, je vire, je tourne, je le photographie sous plusieurs angles. Très occupé par son téléphone, il n’a jamais levé la tête.

Boulevard Longchamp

Manifestation pour le climat dimanche 9 mai 2021 à Marseille, comme partout en France. Le rendez-vous est devant le Palais Longchamp. Je vais au départ de la marche : du soleil, un petit mistral, de la musique, un sourire et une banderole impossible à laisser passer.

Boulevard du Jardin Zoologique

Voleur
Je sais qu’un certain nombre d’entre vous (j’ai les noms) n’apprécie pas ma manière de « voler » des images à des quidams qui n’ont rien demandé. Et qui, le plus souvent, ne remarquent même pas qu’ils ont été photographiés.
Joël Meyerowitz, célèbre photographe américain, affirme : « La rue est un espace public. Tout le monde y est sur un pied d’égalité. Vous avez le droit de vous promener, de prendre des images. Si vous ne voulez pas être photographié, n’allez pas dans la rue. »
Un peu excessif sans doute mais pourquoi pas après tout.
Quand je fais des photos dans la rue, a priori je ne fais rien de mal 😉 et si l’une ou l’autre de mes « victimes » m’interpelle ou me demande d’effacer le cliché, je ne discute pas, je le fais aussitôt. Et avec le sourire, étant donné que très vite il est question de droit à l’image, de respect de la vie privée etc.
Dans la rue, mon objectif est simple : je recherche de situations, des individus, des images qui attirent mon œil et que je prends plaisir à partager ici même. C’est comme un jeu, une sorte de défi car dans la rue tout va très vite, pas le temps de réfléchir ou de soigner le cadrage de moments bien souvent fugitifs mais tellement plaisants quand on parvient à saisir une expression, une relation, une lumière…
Dans le précédent message, j’affirme ne pas toujours être à l’aise en photographiant de cette manière. C’est la stricte vérité. Etant d’un naturel plutôt réservé et discret, je dois « m’arracher » et, comme on dit aujourd’hui, sortir de ma zone de confort pour faire mes photos : j’utilise le plus souvent une focale de 28 mm, un objectif grand angulaire qui a tendance à faire monter l’adrélanine parce qu’il oblige à une réelle proximité avec le sujet photographié. Ainsi sur cette image, je suis à environ un environ un mètre de la maman qui se demande ce que veulent ces deux charmants gamins qui ont ramassé une pile de journaux gratuits déposés à l’entrée du métro et qu’ils proposent à tous les passants.

A suivre : Limites

Panier

Dada
Je vais être un peu plus bavard que d’habitude et sortir des circonstances dans lesquelles j’ai fait la photo. Ça tombe bien, pour celle-ci, il n’y a pas grand-chose à dire…
La photo de rue, c’est mon dada, comme vous l’avez sans doute remarqué. Un dada déjà ancien mais qui a pris racine à Marseille en 2015 à la suite d’un échange avec ami motard et blogueur qui m’a dit : « Mais Alain, pourquoi ne fais-tu pas un blog pour montrer tes photos ? »
Sitôt dit, sitôt fait, avec quelques mois de retard quand même.
La photo de rue, c’est la base de ma pratique, là où je me sens le plus à l’aise sans l’être vraiment. Je m’expliquerai. Au quotidien, je fais peu de photos de famille (les enfants et petits-enfants sont loin), quelques images de paysage et de rares photos de vacances. En réalité, je balance entre vidéo (avec mes camarades de CinéTravelling), atelier photo hebdomadaire avec une joyeuse bande et photo de rue en solitaire dans Marseille puisque c’est là où je vis et qu’il y a des tas de choses à voir.

A suivre : Voleur

Avenue des Chutes Lavie

Je le vois de loin dans les bras de son maître. Le petit chien m’a aussi repéré, il me suit des yeux tandis que j’approche en douceur, craignant qu’il se mette à aboyer quand je serai trop près à son goût. Eh bien non, il reste coi. Merci le chien.

Boulevard Pardigon

J’ai un doute sur la localisation, mais si ce n’est pas ce boulevard, ce n’est pas bien loin. Sur le trottoir qui monte fort (ça j’en suis certain !), père et fils (c’est probable) sont trop occupés par leur discussion pour me jeter un regard ou lever la tête à mon passage. Des conditions idéales pour un voleur de photos…

Rue Saint-Ferréol

Je descends la Canebière quand j’aperçois le chien de dos au premier plan, posté au coin de la rue Saint-Ferréol. En avançant, je découvre qu’il n’est pas seul. Je fais la photo en marchant, sans m’arrêter, sans regarder en direction du Centre Bourse au fond de l’image.