Marché des Réformés

Une image d’Epinal à Marseille. La spécialité qui a bouché le port est servie dans un cornet en papier par un vendeur couleur locale qui me jette un regard interrogateur : je semble faire la queue et je ne lui achète rien. Comment lui dire que je l’ai choisi comme image ? Et, pour le repas, des tourtons du Champsaur chez son voisin beaucoup moins photogénique ?

Place Général de Gaulle

Souvent je le vois sur le Vieux Port. Aujourd’hui, masqué, il est près du manège plutôt désert à cette heure. Les passants sont pressés. Je contourne le manège puis je reviens vers lui, le nez au vent, pour le saisir dans cette posture.

Canebière

Temps maussade, ciel couvert, lumière grise, il fait froid. Je suis dans le tram à proximité d’une des portes. Quand elle s’ouvre, je me dis que les masques nous gâchent la vue… pardon, la vie.

Rue Saint-Ferréol

Je descends la Canebière quand j’aperçois le chien de dos au premier plan, posté au coin de la rue Saint-Ferréol. En avançant, je découvre qu’il n’est pas seul. Je fais la photo en marchant, sans m’arrêter, sans regarder en direction du Centre Bourse au fond de l’image.

Palais Longchamp

Fin d’après-midi venté dans les escaliers du parc. J’entends une belle musique qui se répercute sous les voutes de pierre comme si c’était un petit orchestre. Il est seul, sympathique, portable sur le genou, je suppose, pour suivre la partition. Je lève le pouce pour dire mon plaisir et l’appareil photo pour obtenir son accord. Il répond d’un clin d’œil.

Rue François Simon

Sortie dans le quartier de la Belle de Mai un matin hivernal ensoleillé qui inscrit les ombres sur les murs. J’attends, je ne sais pas trop quoi, mais j’attends. Cet espace me parle. Comme dit Raymond Depardon : « Il y a quelque chose de mental dans la photo de rue. Il ne faut pas trop chercher à comprendre, il faut laisser l’improvisation se faire par rapport à quelque chose qui te dépasse. » Je suis dépassé.

rue François Simon

Plages du Prado

Vent violent et beau soleil ce matin-là, ils font la paire à Marseille ! Cafés, glaciers, rhumerie… tout est fermé sur les plages et le vent fait fuir les promeneurs. Sur une terrasse de restaurant fermée par une haie végétale fournie, je découvre dans le contre-jour cette statue, haute de plusieurs mètres. A proximité du rond-point Henri Frenay, pour qui voudrait méditer en sa compagnie quand le vent sera tombé.

Parc Longchamp

Dimanche après-midi, la lumière tombe d’un coup, la rue brille, les phares se reflètent sur le goudron, il pleut. Je sors avec mon appareil photo. Les gens se pressent, les rues se vident, plus personne dans le parc sauf lui : un jeune type, assis dans l’herbe sous la pluie, jambes croisées, yeux clos.

Campagne Pastré

Arrêt vtt surprise en haut du parc. Chacun vaque à ses occupations : gymnastique, promenade, fouissage. Deux jeunes sangliers (le second est juste hors cadre) retournent la prairie consciencieusement. « C’est la même fratrie », me précise une dame bien informée. Appareil photo en main, je m’accroupis, je suis à moins de trois mètres de l’aîné (le plus gros !) quand il lève la tête et me jette un coup d’œil. J’ai une seconde d’hésitation, mais il reprend son activité, indifférent.