Panier

Bien avant de vivre à Marseille, j’ai aimé les souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol. Je me souviens de la première fois où j’ai lu, il y a bien longtemps, cette phrase dans Le château de ma mère. Je me souviens aussi du film d’Yves Robert avec la voix off de Jean Rochefort qui la prononce tandis qu’on découvre le jeune Marcel à peine entré dans l’adolescence suivre les grandes roues du corbillard dans lequel on emporte sa mère. Cette phrase m’avait transpercé lorsque je l’ai lue pour la première fois.
Là, dans le Panier, assis sur des marches, je la relis plusieurs fois en espérant que parmi les enfants qui jouent sur la place quelques uns viendront dans mon cadre sans pour autant lire ces mots. Je n’attends pas très longtemps.

Place Daviel

A proximité de l’Hôtel Dieu Intercontinental qu’on aperçoit dans un rayon de soleil qui ne va pas tarder à se coucher. A la recherche d’un brin de fraîcheur après la canicule de l’après-midi, chacun en profite pour prendre l’air. Ou discrètement prendre des photos.

Panier

Dans mes déambulations marseillaises, j’ai une affection particulière pour le quartier du Panier où il y a toujours ou presque quelque chose à voir… et à photographier.
Ici, je marche dans une ruelle perpendiculaire à celle de l’image, je tourne la tête par réflexe et je fais la photo en continuant mon chemin. A posteriori je me dis que le cadre, les verticales, la pose du type sur sa chaise haute sous un réverbère m’ont fait déclencher sans réfléchir. Et souvent, c’est ce qui marche le mieux.

Rue Nationale

Déambulation dans les vieux quartiers. Quand je l’aperçois assise sur la devanture et le store du magasin, un livre à la main, un verre (on dirait du jus d’orange quand on zoome) sur une tablette en équilibre précaire, je n’hésite pas. Elle m’a vu faire la photo dans sa direction. Elle sourit.
Je lui demande : « Vous êtes bien installée là-haut, pour bouquiner ? »
– Tout à fait. On fait avec ce qu’on a », précise-t-elle avec un nouveau sourire, puis elle replonge dans son bouquin.
Il y a quand même plein de gens sympathiques dans cette ville.

Panier

Quand je passe devant ce photogramme revisité de Shining (Jack Torrance, alias Nicholson vient de détruire à la hache la porte de la salle de bain où s’est réfugiée son épouse), je me poste contre le mur bien en face de l’image. Je devrais dire : je m’incruste dans le mur pour disparaître aux yeux des passant(e)s. La ruelle est étroite, mais ça marche plutôt bien : on m’ignore et si quelques-un(e)s sont passé(e)s sans un regard pour Jack, une majorité a jeté un coup d’œil à l’inquiétant bonhomme.