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Rue Bénédit
Fin avril, pendant le confinement, je poste une photo de ce panneau sur lequel il était alors écrit : « Et après ? » suivi d’un grand point d’interrogation. L’affiche d’aujourd’hui fait écho à une certaine déclaration d’intention : « Il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour », Emmanuel Macron, le 12 mars 2020.
Rue Senac de Meilhan
« Dépister pas pister », dit la banderole. Sans doute, je ne sais pas… Je sais juste que Le Monde et la Provence de dimanche font état d’un communiqué des professionnels de santé (médecins, infirmiers, sages-femmes, pharmaciens, kinés etc.) qui s’indignent du nombre de masques — plusieurs dizaines de millions ! mis en vente ce lundi 4 mai par les grandes surfaces qui, d’après leurs chargés de communication, n’auraient pas constitué de stocks. Quand on sait que les soignants en ont cruellement manqué, que des gens sont morts faute de ces fameux masques qui ne servaient à rien au début de la pandémie, comme chacun s’en souvient, il y a de quoi se poser des questions. « Aujourd’hui la consternation s’allie au dégoût », écrivent les soignants dans le même communiqué. Quelques chose ne tourne pas rond, non ?
Rue Bénédit
Bien que je déteste cette idée de m’autoriser à sortir en remplissant un papier justificatif, je suis plutôt respectueux du confinement. Je sors peu et pas souvent. Chaque jour, je passe des heures à lire : roman, interviews, éditos, échanges sur internet etc. j’écoute la radio et j’évite le plus possible les chaînes d’information télévisées. Grande question posée par ce panneau (je me demande bien qui est l’annonceur !) : faut-il relancer une économie destructrice de la planète ou prendre le temps de réfléchir un peu pour redéfinir nos priorités ? Autant les premiers jours du confinement, le débat me semblait ouvert, autant ce que j’entends désormais ne m’incite pas à l’optimisme. Et vous ?
Friche de la Belle de Mai
Ils vivent quand tout est fini / Et meurent sans cérémonie / Ce sont les vieux, nos anciens / Ce sont les deux réunis / Ce qui nous laisse démunis / Le soir quand on se réunit / C’est qu’on a oublié la compagnie des Chibanis
Ils ont des souvenirs si flous / Qu’ils les accrochent avec des clous / Et quand il pleut à verse / Toutes les gouttes les traversent
Ils sont dans les livres d’histoire / Comme l’eau dans une passoire / Comme l’oiseau perdu au gré / Du vent qui veut pas de regret / Ils vont et viennent à la merci / D’un « casse-toi » ou d’un merci
Extrait « Les Chibanis », de Magyd Cherfi, Zebda.
L’exposition « Chibanis la question » vient de se terminer. Superbe, autant par les portraits de Luc Jennepin que par les textes de Magyd Cherfi, Nasser Djemai, Bastien Cazals et bien d’autres. Chibani ou chibania au féminin désigne les personnes âgées dans les pays du Maghreb.




