Fin de journée, il fait sombre, mais je le vois de loin avec sa barbe à papa. Je suis encore à distance quand il dégaine son téléphone, je m’approche. Aucun doute, on termine l’année avec un gourmand.
Quand je m’assois à ses côtés sur la murette, je suppose qu’il devine ma présence. Il lève à peine la tête, ne prend pas la peine de regarder vers moi et se replonge dans son écoute en fermant les yeux. Ça devait être bien ce qu’il avait dans le casque.
De loin, sous l’ombrière, j’aperçois une silhouette faire des sauts périlleux impressionnants. Je m’approche. C’est une jeune fille, une adolescente, elle est seule, elle attend qu’un espace suffisamment grand se libère devant elle et elle se lance dans l’indifférence quasi générale. Étonnante.
Il fait doux, il y a du monde sur le Vieux Port. Pourtant, cette femme élégante, assise sur le quai au bord de l’eau, semble indifférente à l’environnement, absorbée dans ses pensées, le regard tourné vers la surface de l’eau. C’est plus simple pour moi.